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Salut l'artiste ! Aux primaires du génie tu l'as largement emporté... sur les tatamis de la création tu as été le plus fort... et si -dit on- tu aimais jouer les dictateurs, toi on aurait bien aimé te garder...
Dans ce monde si virtuel, tu nous as aidés à trouver notre chemin sur les autoroutes de nos vies.

Merci Monsieur Steve Jobs !

Au pays d'une presse qui souvent nous fait rêver par sa qualité, ou trembler par son goût pour le trash, voilà une révolution, une vraie. Pour mieux comprendre ce qui va commencer avec les choix annoncés du Guardian je vous conseille de lire Libération ce matin. Priorité au web, le papier n'a qu'à bien se tenir s'il veut ne pas disparaître un jour... La nouveauté : malgré les dénégations, entre les mots on comprend que ce jour arrivera, forcément... En attendant, cap sur les Etats Unis où le quotidien, sur son site, compte déjà un tiers de ses "clients". Et comme "c'est là où ça se passe désormais" pour reprendre l'analyse d'un spécialiste de la London School of Economics, plus question d'hésiter. Les réalités sont là : aujourd'hui les deux tiers de la pub viennent encore du papier, tout va changer en 5 ans... Espérons que tout cela continuera à financer les excellentes enquêtes d'excellents journalistes ! Let's hope !

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Il n'est plus à la Une de l'actualité... Egypte, Japon, Lybie, New York... depuis le 14 janvier et le départ de Ben Ali, notre voisin -à une heure d'avion de Marseille- fait moins parler de lui... ou plutôt nous lui portons moins d'attention. Et pourtant -j'en suis le témoin après un nouveau séjour à Tunis- cette révolution n'a pas fini de nous concerner et elle mérite toujours qu'on en parle. Il y a 24 heures la date des élections pour une constituante a enfin été décidée, après quelques hésitations. Ce sera le dimanche 23 octobre. Un report indispensable pour régler quelques questions essentielles : donner une carte d'électeur à quelques 4 à 500 000 citoyens qui ne sont pas inscrits, organiser le vote avec des observateurs étrangers, faire voter les Tunisiens à l'étranger, garantir l'accès aux urnes... Pour les medias, tout est nouveau : donner la parole à toutes les opinions, équilibrer les points de vue, et vivre avec les premiers sondages qui vont arriver, alors que beaucoup de rumeurs circulent déjà : nous n'en parlerons pas ici ! La Tunisie nous donne donc, dans 4 mois un rendez-vous historique. Premier dans le monde arabe à avoir mené avec succès sa révolution, le pays joue très gros. Sur place on sent une envie de réussir au-delà de ce qui est attendu, avec dès maintenant la nécessité de commencer à régler quelques gros dossiers sociaux. La liberté sans le travail, c'est insuffisant ! Allez encore un effort... pour nous : nous devons continuer à regarder vers Tunis !

Afrique

C'était il y a une semaine déjà... Dans toute la France une belle union autour de nos confrères otages en Afghanistan. Des paroles fortes, à la limite parfois de la colère. 500 jours, insupportables par définition... Et puis le temps a fait son oeuvre... 501, 502, 503 etc... L'actualité aussi, et ses secousses permanentes, et une avalanche d'informations... avec heureusement ce rappel indispensable : nous ne les oublions pas.

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Amériques

La voilà donc l'Amérique d'après le 11 septembre. Pour les familles des victimes d'abord, les femmes, les maris, les enfants et tous les proches de ceux qui ont trouvé la mort dans les tours symboles du melting pot made in America.


Et pour le reste du monde ? Depuis ce matin les medias multiplient les regards sur la liquidation de Ben Laden... qui l'a  finalement lâché ? Et si au fond il ne représentait pratiquement plus rien depuis quelques mois, devenant même un fardeau pour ses parrains.


Les télés nous montrent les rassemblements "patriotiques" devant la Maison Blanche, à Times Square,  à Ground zero. Impossible de comprendre ces réactions sans mesurer la tragédie que représente le 11 septembre.


Une info vient de tomber : le corps de Ben Laden aurait été jeté à la mer. Non, ce n'est pas une première. En 1962, après avoir jugé, condamné à mort et exécuté Adolph Eichmann, l'un des bourreaux de la solution finale,  les israéliens  l'ont incinéré, et jeté ses cendres en Méditerranée, au-delà des eaux territoriales israéliennes.

Europe

"C'est parti" titre Libération ce matin. Allusion à la primaire socialiste. Ce n'est pas un scoop. En fait si on fait le tour des medias, c'est surtout parti pour le mariage à Londres ! 

Côté Cour : la monarchie, "la firme" , comme on dit du côté de Buckingham ne va pas déposer son bilan de si tôt. Au contraire, avec sagesse, elle investit  dans l'avenir avec de nouveaux produits et, comme une marque soucieuse de son image, elle nous propose une gamme inédite, "up to date".   

Côté people -le vrai, pas... le people justement- les British entament ce soir un week end de 4 jours. Demain c'est en effet férié -God save the Queen- et lundi la Grande Bretagne s'offre son premier bank holiday du mois de mai (premier lundi, dernier lundi c'est immuable)... Alors que, de ce côté-ci de l'English channel, 2011  c'est une "annus horribilis " pour les ponts puisque tout tombe un dimanche... 1er Mai, 8 mai. La Monarchie, elle, a donc tout prévu...

"C'est parti" pour le reste : le muguet,  les derniers matches de ligue 1, un nouveau record de naissances au printemps, et puis la marche vers l'été... Désormais chacun va pouvoir croire qu'il est au centre du monde. Les festivaliers à Cannes, les fous de Tennis à Roland Garros, les vrais et surtout faux musiciens pendant la Fête de la musique. Etc...

C'est tout cela, arriver au Premier mai...  comme un nouveau morning qui nous fait croire aux lendemains qui vont forcément chanter... Oui c'est parti !

De quoi contredire -ou confirmer ?- ce que The Economist écrit cette semaine : "La France aujourd'hui, n'est pas un endroit où on vit heureux".


Sacrés anglais !

Tous

Donc nous voilà envahis de lapsus..."pression sur les hommes et les femmes politiques" explique un psychanalyste... ajoutant "nous mêmes, tous les 900 mots en moyenne  nous faisons  un lapsus !", nous qui ne cherchons pas à parler de tout à tout moment....   J'ai retenu l'observation. Donc pas question d'écrire plus de 899 mots aujourd'hui dans ce blog... Et puis un lapsus qui se lit et non pas qui s'entend... non, il n'en est pas question... même si le risque, pardon le rire, est le propre de l'homme qui prétend éviter le danger en le fuyant !

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Un nouveau président pour Haïti mais tout, ou presque tout reste à faire. Pour s’en convaincre il suffit d’ouvrir le nouveau numéro de Polka Magazine.
Un reportage impressionnant. Et ce titre : « Fracture ouverte ».
La photo choisie pour ouvrir le dossier marque cette douleur. Elle tranche avec ce qu’on a beaucoup vu depuis janvier 2010. Il s’agit en effet d’une fresque dans un stade de la capitale. Un haïtien nous regarde comme, pendant des années, il a en quelque sorte regardé des milliers et des milliers de spectateurs venus applaudir ou siffler leur équipe, bref venus vibrer et oublier un quotidien souvent très difficile. Seulement voilà la peinture, immense, est comme brisée. Juste au sommet de ce beau visage le mur s’est ouvert en deux. On pense forcément à un écorché vif, à l’image d’un peuple meurtri.
Haïti, encore et toujours regarde avec insistance, un monde –en l’occurrence le nôtre, celui des nantis- qui l’a, c’est vrai, beaucoup aidé pendant plusieurs mois mais qui aujourd’hui l’oublie. Et cela remonte à la fin de l’année dernière. Les medias –et j’en faisais personnellement partie- ont été très présents pour le premier tour de la présidentielle, et, il faut le dire, beaucoup moins après. Une autre catastrophe, celle du Japon, a capté et continue à capter toute notre attention.
Ce reportage de Stanley Greene est très récent. Janvier dernier.  On comprend immédiatement qu’élection ou pas, le pays qui a sûrement soif de démocratie a d’abord besoin d’une aide réelle. Les millions de dollars ne se sont pas tous transformés en systèmes sanitaires et en abris réellement efficaces alors qu’on le sait, un jour ou l’autre, il y aura à nouveau de nouvelles secousses et des cyclones.
Malgré tout, de quoi espérer : Une petite fille vient se laver les mains à un robinet. Nous sommes dans un camp de la Croix Rouge qui a pu regrouper des dizaines de familles. Avant elles n’avaient aucun endroit où se fixer. Mais la mort n’est jamais bien loin. Sur la Route N°1 on avait pris l’habitude de donner une sépulture aux victimes des Tontons Macoutes. Il a fallu trouver de la place au même endroit, pour les morts du séisme. Comme le dit le magazine il y a là plusieurs « couches de misère ».
Au pied des croix, des restes de couronnes et des rubans bleus, blancs ou violets. Souvent le vent les a poussés un peu plus loin. Impossible de dire qui a été ainsi honoré, qui n’a pas été oublié.
Et comme parfois les photos, même les meilleures, ne disent pas tout, il faut lire le journal de Stanley Greene. Pendant deux semaines il a tout noté. C’est un récit qui nous fait parfaitement comprendre que tout reste à faire dans le pays qui est et restera longtemps le plus pauvre de l’hémisphère Nord.

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L’amour… encore plus que d’habitude, vous allez en entendre parler pendant ce week-end du Sidaction
Raison de plus pour vous inviter à un voyage à travers toutes ces terres si mystérieuses. Celui que vous propose le très réussi hors série du magazine « la Vie ». Avant tout  de très belles photos. Celles, par exemple de Liliroze. La dominante, c’est le rouge, celui d’une robe ou d’une fleur. Le tout dans une brume qui ajoute au trouble. La photographe nous explique ainsi que depuis une dizaine d’années elle veut rendre les choses belles. On a envie de lui répondre : «Continuez, vous nous emmenez sur un très joli chemin ». Il y a aussi le rendez-vous que Sacha Goldberger nous donne avec sa grand-mère. C’est Mamika. Il lui a demandé par exemple de chausser des skis en haut d’un escalier, ou d’apparaître en superwoman jaillissant du toit ouvrant d’une voiturette rouge et blanche. C’est une très belle déclaration d’amour.
Le rouge vous l’avez compris reste une marque de fabrique de ce sentiment si complexe. On le retrouve d’ailleurs en couverture avec ces deux lèvres qui s’adressent directement à nous, lecteurs. Elles semblent vouloir nous embrasser ou tout simplement nous parler. Seulement voilà, comme l’explique l’un des chapitres de ce hors série : « Tout le monde ne dit pas I love you ». Et d’ailleurs, si l’on en croit la professeure de linguistique qui nous propose cette enquête, voilà qui serait un peu plus difficile à exprimer en français que dans d’autres langues au vocabulaire plus riche.
On l’a bien compris. L’amour c’est un mélange d’images, et de mots, ceux qu’on dit et surtout ceux qu’on ne dit pas. Heureusement un acte à lui seul peut mettre tout le monde d’accord : c’est le baiser, sans lequel le cinéma n’existerait pas. Preuve s’il en est cette photo du film Les Enchaînés. 1946, Hitchcock réunit Ingrid Bergman et Cary Grant… signe des temps modernes, ce dernier tout en embrassant sa belle tient un téléphone à la main.

Au fait, n’oubliez pas : Sortez couverts même après le week-end du Sidaction !

Asie

Au Japon, à ce jour, pas de photos pour les liquidateurs, ceux qui se battent, au péril de leur vie, pour gagner la bataille  au coeur de la centrale qui fait si peur.
Aucun reporter ne les a suivi… qui sait si un jour, proche ou pas, on les découvrira peut  être à travers tout simplement leur papiers d'identité… à moins que le Japon, fidèle à sa pudeur, les cache, tout simplement.
Images tout aussi rares des victimes du tremblement de terre lui-même ou du tsunami… la presse locale n’a pas montré de cadavres, ou si peu, voilà pourquoi ceux qui ont disparu ne sont encore, à ce jour, que des chiffres. 
Nous le savons depuis longtemps, mais cette catastrophe japonaise le prouve, il y a mille façons de considérer le danger et la mort.
Dans ce cas il s'agit si l'on ose dire, d'un juste milieu, nous ne sommes ni à Tchernobyl ni à Port au Prince. Les soviétiques avaient réussi très longtemps à tout dissimuler. En Haïti en janvier 2010 nous avons tout vu dans les heures qui ont suivi la catastrophe. Au Japon il y a à la fois une extrême pudeur devant les destructions matérielles et humaines, et en même temps nous regardons en direct et en permanence la centrale grâce aux caméras de surveillance.
Un étonnant mélange : une onde de choc pour reprendre le titre de VSD, « Du tsunami au péril nucléaire ». A la Une du magazine une jeune femme en pleurs, au milieu d’un champ de ruines, nous voilà avec elle dans ce qui a été une rue de la ville de Natori. Une photo que des centaines de journaux ont publié tout autour de la planète.
En Union soviétique il ya bientôt 25 ans c'était "Circulez il n'y a rien à voir", le mensonge absolu parce qu’il fallait à tout prix que l’empire n’affiche pas ses faiblesses.
En Haïti, l’an dernier, la colère de la terre a été telle qu'elle ne pouvait pas, de toute façon, être cachée 250.000 morts et un million de sans abris, à l'échelle du Japon cela représente 3 millions de disparus.
Mais pas de centrale nucléaire près de Port au Prince : Haïti est et restera sans doute longtemps le pays le plus pauvre de l’Hémisphère Nord.
Rien à voir avec le Japon troisième puissance mondiale. Ceux qui ont tout perdu ont laissé la place, si l’on peut dire, très vite à ces extra-terrestres aux lourdes combinaisons.  Voilà le Japon 2011, oui, « une puissance fragile » comme l’a écrit cette semaine le journal Le Monde.